Ramener les citoyens aux urnes.

Partie 1

La chute de la participation électorale

La participation aux échéances électorales dans le monde, une situation propre à la France ?

Il convient de distinguer l’abstention systématique de l’abstention intermittente. Les électeurs qui s’abstiennent systématiquement représentent environ 12% du corps électoral. Le gros de l’abstention lors des différents scrutins est principalement le fait des abstentionnistes intermittents qui représentent plus de la moitié du corps électoral.

Traditionnellement les abstentionnistes se trouvent chez :

  • les urbains (lien social et émulation collective moins forts que dans les zones rurales)
  • les 18/25 ans (jugement très négatif des institutions et du personnel politique, de plus le vote apparaît davantage comme un droit utilisable ou non qu’un devoir civique)
  • les plus de 75 ans (mobilité réduite)
  • les moins diplômés (politisation plus faible et sentiment d’incompétence politique)
  • les célibataires (pas d’émulation de couple)
  • les plus pauvres (la gestion des difficultés matérielles est prioritaire)

Néanmoins les études les plus récentes montrent une réduction de l’écart entre ces populations et les autres, ces critères deviennent de moins en moins significatifs de l’abstentionnisme. Au fil du temps l’abstention se diffuse dans l’ensemble du tissu social.

Les français ont évolué dans leur perception de l’importance du vote pour influer sur la vie politique. 62% des Français pensent que le vote est l’outil le plus efficace pour influencer les décisions politiques, 35% la manifestation dans la rue, 19% la grève, 27% le boycott des entreprises ou des produits, 6% le militantisme au sein d’un parti et 3% l’action sur internet.

Sans surprise ce sont les plus de 65 ans qui accordent le plus grand crédit au vote (70%) quand les moins de 25 ans ne sont que 53% à le penser.

Une autre subdivision des abstentionnistes doit être soulignée, la séparation entre abstentionnistes « dans le jeu politique » et ceux « hors du jeu politique ». Les premiers sont souvent jeunes, diplômés et favorisés quant à leur insertion sociale. Ce sont des électeurs affranchis des modèles d’identification partisan, critiques et exigeants à l’égard de l’offre politique. Les seconds se trouvent davantage au sein des couches populaires, disposent d’un faible niveau d’instruction et de conditions de vie insatisfaisantes. Ils ont trop de problèmes individuels pour s’investir sur la scène collective et se sentent incompétents. De plus ils habitent des quartiers où il n’y a souvent plus de vie militante et politique.

Dans le cas de la France le groupe d’expertise SPLV Analytics a cherché à quantifier le lien entre l’abstention et la progression du Front National à partir des résultats des élections législatives de 2012. Il apparaît que le lien est positif.

Dans les communes comptant moins de 370 inscrits, une progression de 1 point de l’abstention se traduit par une hausse de 0,422 point du vote FN avec un écart-type de 0,023

Dans les communes comptant plus de 370 inscrits, une progression de 1 point de l’abstention se traduit par une hausse de 0,514 point du vote FN avec un écart-type de 0,021

La définition de l’abstention pose déjà problème, en France le taux de l’abstention est calculé par le rapport nombre de votants/ nombre d’électeurs inscrits.

Aux Etats-Unis il s’agit du ratio nombre de votants/nombre d’électeurs potentiels

La différence n’est pas anodine car les électeurs potentiels forment un ensemble numériquement bien supérieur à celui du nombre des inscrits. L’abstention s’en trouve statistiquement gonflée.

La progression de l’abstention affecte tous les scrutins mais pas dans les mêmes proportions

Benchmark international: élections présidentielles en France et aux Etats-Unis

élections européennes, avantages: mode de scrutin unique, toutes ont lieu le même jour donc on peut comparer des populations différentes plus facilement qu’avec des élections séparées obéissant chacune à leurs propres modalités et contextes.

+ Etude de cas sur l’effet de l’abstention sur le résultat prévisible d’une élection

La responsabilité des élus et des gouvernants

  • La complexité de la procédure d’inscription sur les listes électorales avant le 31 décembre de l’année précédant le scrutin.
  • Les candidats et les élus sont perçus comme trop éloignés des préoccupations des citoyens.

Dans une étude IPSOS de janvier 2014 sur les fractures françaises, 65% des Français estiment que « La plupart des hommes et des femmes politiques sont corrompus », 84% que les « les hommes et les femmes politiques agissent principalement dans leurs intérêts personnels » et 88% que « Les hommes et les femmes politiques ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme vous »

Ce phénomène n’est pas récent, un sondage BVA d’avril 1994 soulignait que 72% des Français considèrent les hommes politiques comme « éloignés des préoccupations des gens »

  • La parole des élus a été décrédibilisée suite à un certains nombre d’affaires, et à une incapacité récurrente à tenir leurs promesses.

Liste non-exhaustive de scandales politico-judiciaires sous la Vème République :

  • Cahuzac
  • Woerth-Bettencourt
  • Gueant
  • Clearstream
  • Tapie
  • Lycées publics d’Ile de France
  • Emplois fictifs du RPR
  • Affaire Thévenoud
  • Affaire Bygmalion
  • Affaire Karachi
  • Affaire Karachi
  • Affaire Guérini
  • Compte japonais de Jacques Chirac
  • Angolagate
  • Les électeurs décédés de Tibéri
  • Affaire Elf
  • Le sang contaminé
  • Ecoutes de l’Elysée
  • Mazarine Pingeot
  • Diamants de Bokassa
  • Affaire des avions renifleurs
  • Affaire Takkiedine
  • Hippodrome de Compiègne
  • Affaire DSK
  • Affaire Gaymard
  • Affaire du CE d’EDF
  • Affaire Buisson
  • Les sondages de l’Elysée sous Sarkozy

Les citoyens associent aux politiques un certain nombre de « tares » qui les dissuadent d’aller voter pour leur confier l’exercice du pouvoir:

  • art consommé du mensonge
  • incompétence criante
  • méconnaissance des réalités économiques, sociales et humaines
  • cynisme à tout épreuve
  • arrivisme forcené doublé d’un carriérisme acharné
  • soupçons de malhonnêteté généralisée à cause des « affaires »

Focus sur les députés :

Composition de l’Assemblée Nationale au jour de l'élection :

La XIVème législature de l’Assemblée Nationale a la composition suivante :

  • 55% de députés issus de la fonction publique
  • 45% de députés issus du privé
  • Les femmes représentent 153 élues soit 26,5% du total des députés
  • 0,35% des députés ont de 20 à 30 ans (12,4% de la pop. fr.)
  • 9,5% des députés ont de 30 à 40 ans (12,7% de la pop. fr.)
  • 68% des députés ont plus de 50 ans (36,4% de la pop. fr.)
  • 22,15% des députés ont entre 40 et 50 ans (13,8% de la pop. fr.)

En 2014, 115 députés ont salarié un membre de leur famille de la façon suivante: 52 épouses, 28 fils et 32 filles auxquels s’ajoutent des frères/soeurs ou cousins/cousines. 8 députés ont salarié 2 membres de leurs familles.

L’utilisation de l’IRFM par les députés était complètement opaque jusqu’en 2012. La seule interdiction juridique posée par le Conseil Constitutionnel (décision du 1er mars 2013) était l’utilisation de l’IRFM pour financer une campagne électorale.

De nombreux députés l’utilisaient pour financer l’acquisition d’un bien immobilier. L’Assemblée Nationale n’exigeait aucun justificatif sur son utilisation. la seule obligation était de disposer d’un compte en banque distinct pour la percevoir.

Cet argent demeurant de l’argent public il est interdit pour les députés d’en faire un usage privé, tout le problème vient de la non définition par un député de la frontière entre activité publique et vie privée.

L’Association pour une démocratie directe dans son rapport de 2014 indique que 24,4% des députés sont propriétaires de leur permanence en circonscription et que 17,3% des députés ont acheté une résidence en circonscription grâce à prêt de l’AN dans des conditions très avantageuses.

S’il est impossible de savoir précisément, faute de contrôle, qui utilise l’IRFM pour rembourser ces prêts, le rapport donne trois exemples concrets de députés qui se sont enrichis grâce à des plus-values immobilières au cours de leurs mandats.

L’Assemblée Nationale a posé la règle (18 février 2015) que désormais l’IRFM ne pouvait plus être utilisé pour financer l’achat d’un bien immobilier sauf pour le remboursement des prêts contractés avant le 18 février 2015. De plus l’Assemblée Nationale ne consent plus à de nouveaux prêts immobiliers, théoriquement depuis 2009 même si d’après l’association de nouveaux prêts ont été accordés en 2011.

Néanmoins il n’est toujours pas organisé de contrôle systématique de l’utilisation de l’IRFM, seulement des déclarations sur l’honneur des députés et des contrôles aléatoires.

  • Les institutions ne sont plus perçues comme représentatives, pour un grand nombre de citoyens aller voter ne sert à rien car ce n’est pas parce qu’ils votent pour un courant de pensée que celui-ci sera représenté.

Les solutions proposées par les élus actuels

Le rapport Bartolone : quatre propositions principales pour lutter contre l’abstention :

  • Mise à jour automatique des listes électorales et rapprocher la clôture des mises à jour des listes de la date de l’élection (45 jours)
  • Rendre obligatoire, lors du renouvellement des documents officiels, la fourniture d’un justificatif d’inscription sur la liste électorale
  • Mettre en place des campagnes non partisanes d’information sur les compétences des assemblées élues, et d’incitation au vote
  • Rendre le vote obligatoire (Proposition également formulée par Gilles Finchelstein)

Parmi les autres propositions qui reviennent régulièrement dans le débat public on peut noter: Abaisser le droit de vote à 16 ans; Développer le vote par internet (Proposition du député des Français de l’étranger Frédéric Lefebvre); Reconnaître le vote blanc et le compter dans les suffrages exprimés.

L’Assemblée Nationale a voté une proposition de loi en 2015 le 13 juillet 2015 afin de rouvrir les listes électorales jusqu’au 30 septembre 2015 afin de permettre à un maximum de Français d’être correctement inscrits sur les listes électorales pour les régionales de décembre.

Partie 2

Comportement idéal

Qu’est ce que la campagne idéale qui pourrait inciter les citoyens à aller voter ?

  • Une campagne où les citoyens sont informés des enjeux du scrutin
  • Une politique de recrutement des candidats sérieuse et anticipée
  • Des candidats préparés pour la campagne, conscients des enjeux
  • Des appareils politiques nationaux ou locaux à la stratégie clairement établie et compréhensible
  • Des candidats qui ne soient pas des « professionnels de la politique » confits dans leurs certitudes

La campagne électorale est un exercice qui s’apparente davantage à une course de fond qu’à un sprint. Aucun candidat sérieux ne peut se contenter du temps de la campagne officielle où, en réalité, les jeux sont déjà faits.

Que le candidat soit favori ou challenger il doit démarrer sa campagne le plus en amont possible, il n’est pas concevable de mobiliser les électeurs, développer un programme, quadriller le terrain et développer sa notoriété en seulement quelques semaines.

Les meilleures campagnes sont celles qui sont menées le plus en amont possible et qui permettent notamment de ne pas laisser les adversaires occuper seuls le terrain

+ Exemples de la campagne régionale de Valérie Pécresse en 2015 et contre-exemple de VGE en 1981

Solutions expérimentées à l’étranger

Différentes solutions on été expérimentées pour lutter contre l’abstention, le vote est obligatoire dans près de trente pays. Pour ceux où le vote est facultatif on peut relever des initiatives diverses.

  • Manga spécial incitation au vote au Japon pour les sénatoriales de 2013
  • Campagne à destination des jeunes aux Açores « voting is easy » en 2009
  • Réflexion sur la possibilité de voter en ligne au Royaume-Uni par l’Electoral Commission
  • En Allemagne, la Bundeswahlleiter, Office fédéral des statistiques électorales, a préconisé de s’inspirer du modèle suédois et d’installer des isoloirs dans des lieux ouverts au public (supermarchés, bureaux de poste, gares) jusqu’à une semaine avant la date du scrutin
  • Aux Etats-Unis les partis mènent à chaque élection des campagnes massives d’incitation pour que les électeurs aillent s’inscrire sur les listes électorales. Lien avec la forte culture américaine du déménagement (12% des américains déménagent chaque année, soit 48% entre deux élections présidentielles).
  • Toujours aux Etats-Unis, le National Voter Registration Act de 1993 permet aux citoyens qui le souhaitent de s’inscrire automatiquement sur les listes électorales lors du renouvellement du permis de conduire délivré par leur Etat
  • Barack Obama s’est d’ailleurs prononcé en faveur du vote obligatoire le 18 mars 2015 pour contrebalancer le pouvoir de l’argent dans les élections américaines.
  • Au Danemark, campagne choc (sexe, violence et mauvais goût assumé) avec Voteman pour inciter les électeurs à voter lors des européennes

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